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mardi 6 avril 2010

La liberté d'indifférence ou de non indifférence

La liberté d’indifférence ou de non indifférence

Selon Descartes la liberté n’a égard à rien dans son origine, elle n’est tenue à rien. Ce n’est pas un rapport de volonté avec le monde mais en sa propre origine qu’il faut considérer le problème. C’est-ce qu’exprime le philosophe lorsqu’il affirme que Dieu n’a égard à rien s’il pose que 2 et 2 font 4. Il n’y a rien qui précède. Dieu n’a aucune raison. La volonté divine et humaine sont infinies, l’entendement à des nuances que la volonté n’a pas. La liberté en Dieu et en moi est identiquement infinies. Mais la liberté en Dieu est parfaite tandis que chez l’homme la liberté est défaut du fait de l’indifférence. La raison est antérieure à la liberté. Il y a une identité formelle de la liberté en Dieu et en moi. Il reste en moi quelque chose de l’indifférence positive de Dieu. Cependant je peux juger selon toutes les raisons du bien et du mal. L’évidence est la liberté de non indifférence comme si la volonté était prise dans le mouvement de l’évidence. Cela pourrait être une négation de la liberté si elle était nécessitée par l’évidence. Il y a donc conservation de l’indifférence de la liberté au sein de la non indifférence de l’évidence. Dans sa correspondance le penseur affirme, « je pense qu’il est un plus grand bien d’affirmer ma liberté ». La non indifférence de l’évidence mène la nécessité sans jamais coïncider avec elle. Dans l’évidence nous constatons la possibilité de restituer ma liberté. Moi-même dans l’évidence j’expérimente que la liberté est la liberté et rien. Si nous devions expliquer le terme d’indifférence, nous dirions pour reprendre les mots de Descartes que «nous sommes d’autant plus libres que nous n’avons pas de raison. C’est dans l’hésitation et l’irrésolution que je m’éprouve libre ». Or pour le penseur, c’est bien dans ces situations que j’éprouve l’ignorance et le manque de liberté. La puissance positive d’indifférence peut nous conduire à fuir, à poursuivre ou à affirmer et à déterminer, c’est de l’autodétermination, de la spontanéité, de l’autodétermination. La liberté se trouve dans la volonté. L’état de non indifférence nous renvoie à la perception évidente du vrai, du bien, il ne me détermine pas mais c’est moi qui me détermine en fonction d’elle. La volonté nous conduit donc à nous déterminer. Il y a suspension de ma possibilité d’affirmer ou de nier. Cela sonne comme un défi par rapport à Dieu de m’opposer aux raisons du bien et du vrai. C’est une absolue détermination à partir de soi. C’est une psychologie de la volonté. Un état de l’indifférence, une possibilité permanente de dire non ne suppose pas que je ne restitue pas un état d’indifférence.

texte sur le thème de la liberté d'indifférence ou de non indifférence


Liberté d'indifférence et liberté éclairée
C'est la même liberté qui, en l'homme, se polarise en liberté d'indifférence (pur arbitraire du choix, absence de tout mobile déterminant la volonté) ou en liberté éclairée (perfection de la volonté alliée à la perfection du jugement et de la raison). La liberté, absolue en chaque cas, est cependant tantôt à son plus bas degré, tantôt à son plus haut degré d'expression. > Voir le schéma sur la liberté cartésienne.
L'indifférence me semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous sommes indifférents. Mais peut-être d'autres entendent-ils par indifférence la faculté positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires. [...] Cette faculté positive, je n'ai pas nié qu'elle fût dans la volonté. Bien plus, j'estime qu'elle s'y trouve, non seulement dans ces actes où elle n'est poussée par aucune raison évidente d'un côté plutôt que de l'autre, mais aussi dans tous les autres ; à tel point que, lorsqu'une raison très évidente nous porte d'un côté, bien que, moralement parlant, nous ne puissions guère choisir le parti contraire, absolument parlant, néanmoins, nous le pouvons. Car il nous est toujours possible de retenir de poursuivre un bien clairement connu ou d'admettre une vérité évidente, pourvu que nous pensions que c'est un bien d'affirmer par là notre libre arbitre.
[...] Une plus grande liberté consiste [...] ou bien dans une plus grande facilité de se déterminer, ou bien dans un plus grand usage de cette puissance positive que nous avons de suivre le pire, tout en voyant le meilleur. Si nous suivons le parti où nous voyons le plus de bien, nous nous déterminons plus facilement ; mais si nous suivons le parti contraire, nous usons davantage de cette puissance positive. Et ainsi, nous pouvons toujours agir plus librement dans les choses où nous voyons plus de bien que de mal, que dans les choses appelées [...] indifférentes. [...]
Considérée maintenant dans les actions de la volonté, pendant qu'elles s'accomplissent, la liberté n'implique aucune indifférence [...] ; parce que ce qui est fait ne peut pas demeurer non fait, étant donné qu'on le fait. Mais la liberté consiste dans la seule facilité d'exécution, et alors, libre, spontané et volontaire ne sont qu'une même chose. C'est en ce sens que j'ai écrit que j'étais porté d'autant plus librement vers quelque chose que j'étais poussé par plus de raisons, car il est certain que notre volonté se meut alors avec plus de facilité et d'élan.
René Descartes, Lettre au Père Mesland, 9 février 1645, trad. Alquié, OEuvres philosophiques, Garnier, 1989, t. III, pp. 551-552.

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